L’Association Tunisienne des Randonneurs a choisi de partir pour son séjour « South eXperience : le retour » au sud pour un bon circuit randonnée Chenini Douiret comme première étape.
Douiret est un village berbère du sud-est de la Tunisie se trouve à, précisément, 20 km de Tataouine. Compte tenu du long trajet nous sommes arrivés assez tard, l’idéal ainsi pour tout visiteur est de partir de bonne heure si c’est la capitale Tunis le point de départ.
Comment s’y rendre :
Pour se rendre à Douiret , gouvernorat de Tataouine, en partant de Tunis, il faut prendre l’autoroute de Sfax puis passer par Gabes et Médenine et continuer à rouler en direction de Tataouine. Prendre ensuite la P19 en direction de Ksar Ouled Dabbab puis continuer Rouler pour arriver à destination, c’est à dire, à DOUIRET. On peut y aller également via Kairouan pour profiter d’une petite pause et visiter la ville historique des “Aghlabides”avant de continuer le chemin.
Le point de départ est à environs 555 Km de Tunis en prenant l’autoroute, l’équivalent de presque 07 heures de route
Coordonnées géographiques :
Latitude : 32°52’4.56″N
Longitude : 10°17’14.41″E
La randonnée
Enfin c’est le grand jour, une équipe de dix-neuf randonneurs de l’Association Tunisienne des Randonneurs part de nouveau au sud Tunisien : la première destination est bel et bien le fameux village de Douiret. Ce village connu pour être un village berbère du sud-est de la Tunisie se trouve à, précisément, 20 km de Tataouine. Compte tenu du long trajet nous sommes arrivés assez tard, l’idéal ainsi pour tout visiteur est de partir de bonne heure si c’est la capitale Tunis le point de départ.
Nous avons habité un vieux village troglodyte chez Raouf qui se trouve au centre d’un panorama exceptionnel dans le sud tunisien perché à plus de 500 m d’altitude, dans un cadre rustique sous un ciel illuminé de milliers d’étoiles : notre hôte Raouf nous attendait malgré notre retard sourire au lévres. Un solide gaillard doté d’une fine silhouette aux yeux vifs et un teint foncé, typique des habitants de la région. Un de ces hommes qui semblent si bien s’adapter avec leur environnement: la montagne et le désert. Une rare générosité, une âme bonne et un grand cœur.
Son gite, un exemple dans la région, était très propre avec une équipe très compétente, le tout dans un décor dont l’authenticité n’en demeure pas moins intacte.
Note randonnée a commencé tôt le matin, le temps s’annonçait très chaud mais nous étions déjà préparés et nous nous sommes équipés en conséquence afin d’achever notre randonnée même sous une chaleur torride qui dépassait les 38° à l’ombre.
On a entamé la randonnée à petit pas, la vue s’étendait au loin, nous jouissions d’une certaine liberté que nous accordait la portée de notre regard, après tout la randonnée commence avec le regard.
Un troupeau de chèvres noires a mis en halte notre avancement et une bergère nous a accueillis avec un grand sourire et nous a fait gouter du lait de chèvre, un vrai délice. Juste à côté on pouvait observer les anciennes demeures, une architecture assez originale étant donné que les troglodytes étaient latéraux. Mais, la plupart des villages de montagne sont désertés et un nouveau village est apparu sur la plaine (le Nouveau-Douiret, la Nouvelle Chenini). On pouvait voir des dizaines de greniers collectifs fortifiés (Ksour) comportant des centaines de cellules d’engrangement (ghorfa) qui témoignent de la vie qu’il y avait dans ces villages.
La marche reprend, il faisait très chaud donc on se permettait souvent des arrêts histoire de se protéger un tant soit peu du soleil. En arrivant à une petite pente de Châaba El Hamra, appelée ainsi à cause du rouge foncé du terrain, on pouvait voir de majestueux oliviers, accrochés à de minuscules terrasses. Juste après Châaba El Hamra, nous avons traversé Edouwara qu’on peut identifier grâce à l’énorme olivier juste après l’ascension de la colline puis Om Waghlen où on trouve de vieux palmiers témoignant de la richesse de cette terre.
On continue d’avancer dans un sentier fort étroit et il fallait faire attention là on met le pied. Avec le soleil, le chemin semblait interminable et il fallait dans ce passage laisser un espace entre les randonneurs afin d’éviter un quelconque risque de chute.
Mais ce n’est pas tout, la nature même dans ces conditions les plus difficiles s’est montré généreuse envers nous : une source d’eau dite Ain El Karma apparait enfin. Une eau qui coule en permanence, récupérée dans un bassin en ciment, le tout verrouillé par une porte verte tout comme le figuier qui se trouvait à côté [d’où le nom]. Ça tombait à pic car nous étions quasiment à sec.
En avançant on observait Chenini devant nous, on avait l’impression qu’on avançait dans le vide mais en fait, la difficulté rencontrée était souvent à portée de main de nos braves randonneurs. Nous étions soulagées car la pause déjeuné bien méritée est enfin arrivée.
Nous avons pris notre pause dans un lieu historique : la mosquée des Sept dormants (Sabaa Rgoud) avec le minaret penché et de curieuses tombes de 5 mètres de longueur autour.
Les Sept Dormants d’Éphèse est un miracle qui semble commun aux chrétiens et aux musulmans. En Islam, cette légende rapportée dans la sourate XVIII du Coran, “Al Kahf”, sans préciser le lieu ; certains disent en Tunisie, d’autres en Turquie ou encore au Maroc, nul ne le sait, le récit sacré évoque l’histoire de Jeunes Dormants qui restèrent emmurés 309 années pour échapper à la corruption d’une société oppressive qui refuse la loi de Dieu.
Dans la mosquée gardé par Am Barhoum, un gentil bonhomme qui était content de nous accueillir, nous a fait visiter l’intérieur ; une tombe et au fond il y avait un mur infranchissable, selon la légende c’est l’entrée de la grotte où se cachèrent les Sept Dormants.
Cette mosquée fût construite en 1323 avec un petit minaret, des écritures berbères et des symboles qui décoraient les colonnes.
Am Barhoum a orné notre visite de petites histoires ; les caractéristiques de la région, les animaux qu’on peut rencontrer, les petites astuces pour faire face aux scorpions. Il nous a énuméré également les noms des familles originaires de Douiret (Ghazi, Sabri, Talbi, Abidi, etc) et de Chenini (Najar, Ben attia et Moussaoui, etc)
La pause était assez longue entre récits et détente mais il fallait reprendre la marche dont une partie allait être nocturne avant de se retrouver de nouveau au gîte pour le diner.
De fins mets locaux, du thé vert, et ce n’est pas tout, une troupe folklorique est venue animer notre soirée en mettant de l’ambiance aux randonneurs après une traversée de près de 18 kilomètres.
Riche soirée en découverte ; les lieux, les coutumes, les mythes de la région jusqu’à tard dans la nuit. A la veille d’une autre aventure et d’un nouveau départ vers la belle Toujane.